Studio "La baignade en rivières urbaines : une solution pour des villes en réchauffement ?

AXE 1 : Sécurité de la baignade

Problématiques

Rappelons que les questions soulevées par le secours aux victimes sont à l’origine de la présente proposition de studio. Cet axe soulève cependant d’autres questions.

Une première concerne la qualité des eaux de baignade.
Une qualité insuffisante, souvent liée à une pollution récurrente, a été à l’origine de l’interdiction de baignade dans nombre de cours d’eau dans la seconde moitié du XXème siècle. Ce problème est-il résolu (on peut penser à la Seine, des vœux de la Mairie de Paris, émis à la fin des année 80, à ceux très récents d’une rivière « baignable » pour les jeux olympiques de 2024)? Des pollutions occasionnelles (rejets industriels accidentels ; déversements du réseau d’assainissement et lessivage des chaussées en cas d’orage estival) peuvent-elles empêcher la baignade? Pour combien de temps?

La baignade, au-delà de la qualité de l’eau, reste une activité à risque.
Cela soulève d’abord des questions relatives au secours aux victimes de noyade. Le faible taux de récupération des victimes, après qu’elles aient coulé, demande une amélioration des techniques de recherche (prédiction de la trajectoire de la victime, fiabilisation des témoignages, emploi de nouvelles techniques comme ROV ou Sonars, épidémiologie des noyades…). Des travaux ont été déjà été initiés avec le stage de Master M1 en 2019-2020 (Célia Maghakian, Lyon 3). Ils se poursuivront autour d’un consortium déjà constitué (Pompiers plongeurs du SDMIS et les laboratoires EVS, LMFA et RiverLy), auxquels devraient rapidement s’agréger l’Université de Liège et l’ENSP Lyon.

Le risque de noyade amène des questions relatives à la prévention :
Quelle réglementation et quelle politique? Faut-il privilégier l’information, la responsabilisation, la sanction ? Peut-on diminuer le nombre d’accidents en installant des équipements de secours (bouée, bornes d’alerte) ? Seront-ils respectés par le public? Faut-il interdire ou plutôt encadrer et organiser la baignade ? Pourquoi observe-t-on des politiques différentes selon les villes et les pays (p.ex. baignades sur le Rhône autorisées en Suisse mais interdites en France ; Fig. 2) ? Quelles ont été ces politiques par le passé et comment ont-elles évolué ? Un encadrement doit-il ou peut-il s’appuyer sur des aménagements ou des équipements (berges en pente, plages délimitées, piscines de courant, …) ? Offrir une baignade sécurisée supprime-t-elle la baignade « sauvage  » et les risques associés? Ces derniers points se retrouvent dans l’axe suivant « Equipements et Aménagements »…

Figure 2 : Opposition entre les usages de baignade à Lyon et à Genève, sur le fleuve Rhône