Appel à communication – Colloque Science Fiction et mondes urbains

Appel à communication pour le Colloque Stella Incognita – Lyon – 1-3 avril 2020

Avec le soutien de :
La société savante Stella Incognita
Le laboratoire Environnement, Ville, Société (EVS, UMR 5600)
L’École Urbaine de Lyon 
Laboratoire EVS (UMR 5600)
Coordinateur : Jérôme Goffette – Université Claude Bernard Lyon 1
 

Présentation :

Depuis quelques années, l’hypothèse d’un nouvel âge géologique – l’Anthropocène – commence à susciter de nombreuses réflexions, non seulement au sein de sciences de la vie et de la terre, mais aussi dans les sciences humaines et sociales. Qu’elle soit une hypothèse ou une certitude, une notion ou un concept, l’Anthropocène fait des mondes urbains – considérés à la fois comme réalisations et fabulations – son territoire par excellence.

Si les villes portent une histoire, elles sont toujours aussi des projets, voire des rêveries. On se souvient bien sûr des célèbres pages que Victor Hugo et Émile Zola consacrèrent à Paris dans Notre Dame de Paris (1831) et Le Ventre de Paris (1873). À l’époque de ces romans, Paris était un immense chantier à ciel ouvert. La capitale française se métamorphosait sous le triple effet de la révolution industrielle, de l’exode rural, puis du programme « Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie » impulsé par le baron Haussmann (1852-1870). La métropole changeait de visage pour s’orner d’un nez singulier, la Tour Eiffel (1889). Ce qui vient d’être dit sur Paris fait écho aux visages tout aussi emblématiques d’autres villes, comme New York, Tokyo, Mexico, Bangkok, Lagos, Londres, Berlin, Rome, et leurs devancières Byzance-Constantinople-Istanbul, Alexandrie, Babylone, etc. La ville, artefact par excellence, objet de plans propres et nets, mais aussi lieu habité et vécu, est ainsi, toujours, un creuset où bouillonnent sciences, fictions et vies humaines – intimement mêlées.

La littérature romanesque classique n’a pas hésité à faire des villes un très riche décor pour ses intrigues, un décor si prégnant qu’il en devient un personnage, un caractère, donnant son ton à l’ensemble du roman. Combien de fois Londres, à la fois brillante, tentaculaire et fangeuse, fut-elle engloutie, de Richard Jefferies (After London or Wild England, 1885) à James Graham Ballard (The Drowned World, 1962) ? Elle continue, encore aujourd’hui, à exprimer sa personnalité en une psyché vivante, comme dans le récent Kraken (2010) de China Miéville. La ville n’a cessé d’être personnifiée, soulignant la densité des liens humains, à double sens, que nous entretenons avec elle.

La science-fiction semble faire plus encore. Certaines œuvres accordent d’emblée l’attention principale à cette entité. La ville-planète de Trentor, chez Isaac Asimov (Foundation, 1951) en est un exemple, de même que les cités-building des Monades urbaines (1971) de Robert Silverberg, le cycle des Cités obscures (1983) de François Schuiten et Benoît Peters, ou encore la tension entre ville du dessus et ville du dessous qu’on peut trouver à la fois dans Les Seigneurs de l’Instrumentalité de Cordwainer Smith et dans Gunnm (et Alita) de Yukito Kishiro (1990-1995), ou dans Le Roi et l’oiseau (1953, 1980) de Paul Grimault.

De plus, à travers livres, films, bandes dessinées, jeux vidéo, jeux de rôle, dessins animés et design, la science-fiction n’hésite pas à s’emparer à la fois de l’aspect matériel et de la dimension immatérielle des mondes urbains : on y trouve des recoins abandonnés, des égouts, des flux, abordés en tant que tels, autant que des plans, des documents d’histoire et d’archéologie, voire des transpositions dans le monde virtuel, quand ce ne sont pas des pans entiers d’une ville passée qui ressurgissent, y compris leurs anciennes dénominations de rues, leurs lignes de métro incomplètes, leurs vieux faubourgs, attachements d’histoire que le courant steampunk exprime par excellence.

La science-fiction explore autant l’esprit que le corps de la ville ; elle n’hésite pas à mettre en scène ses concepteurs, ses ouvriers, ses strates historiques et cette foule de détails matériels qui lui donnent consistance.

Le prisme de la science-fiction peut ainsi apparaître comme un révélateur de la multiplicité des mondes urbains, de la façon d’habiter la ville et d’être habité par elle.

Cet appel à communication se veut donc ouvert à cette multiplicité qui s’exprime dans des formes aussi variées que la ville pourrissante ou la ville vestige (Blade Runner, DMZ, Soleil vert, etc), la ville-monde (Trentor chez Asimov), la ville-animale (Dunyach, Zola…), la ville-utopie (Nous autres de Zamiatine, La Zone du Dehors d’Alain Damasio…), la ville cachée (Cordwainer Smith, Serge Lehman…), la ville-ruine (Metro de Glukhofsky), la ville bio-construite (Stableford…), la ville virtuelle (Gibson, Stephenson, etc.), la ville-énigme (Tyranaël de Vonarburg), la ville stratifiée (Gunnnm, etc.), la ville-extrême (Dosadi de Herbert), et bien d’autres angles…


Comité scientifique : 

Jérôme Goffette, Alfonso Pinto, Danièle André.


En pratique :

Les propositions de communication pourront concerner tous les champs d’expression des mondes urbains dans la science-fiction : romans, films, bandes dessinées, jeux vidéo, jeux de rôle, dessins animés, musiques, sculptures, design…
Les propositions de communication pourront être issues ou utiliser des champs disciplinaires très différents : analyses littéraires, approches culturelles, anthropologie, histoire de l’art, architecture, philosophie, sociologie, histoire, ingénierie, sciences et technologie, etc.

Les propositions devront comprendre :

– Un titre
– Une présentation de la communication (150-250 mots)
– Une brève présentation de l’auteur ou de l’autrice de la proposition (3-5 lignes)
Remarques :
– Vous pouvez aussi nous faire part de vos difficultés à financer votre déplacement et votre hébergement (nous ne promettons rien, mais nous ferons notre possible selon notre budget)
– De même, si, en avril, vous résidez dans pays étranger éloigné et souhaitez utiliser un moyen de faire votre communication à distance, faites-le nous savoir (là encore, nous ne promettons rien, mais nous y réfléchirons). 

Les propositions sont à adresser à la fois à :

– jerome.goffette@univ-lyon1.fr (Jérôme Goffette)
– danand_42@yahoo.com (Danièle André)
– alfonso.pinto@universite-lyon.fr (Alfonso Pinto)

Calendrier : 

Date limite d’envoi de la proposition : avant le 1er décembre 2019
Avis d’acceptation ou de refus de la proposition : 1er février 2020 (au plus tard)
Colloque : 1-2-3 avril 2020 à Lyon. 

Publication : 

– Un appel à texte (ouvert) pour un ouvrage collectif sera lancé peu après le colloque.
– Un Comité de Lecture associant Stella Incognita et AAH sera constitué.
– L’ouvrage collectif sera publié dans les 12 à 24 mois suivant le colloque, avec le double label Stella Incognita et AAH (Association Académique pour les Humanités) aux éditions BoD (version papier et version électronique).
– Les auteurs auront une pleine liberté pour diffuser gratuitement la version électronique (epub et pdf) de leurs textes.

 

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