Studio IMU

Modéliser la morphologie et la dynamique des villes portuaires de la Méditerranée romaine

Peinture de Stabies illustrant un paysage portuaire. Provenance : Villa San Marco Conservation : Museo Archeologico Nazionale, Inv. n° 9514. Dimension : 26 x 24.5 cm

A l’époque impériale romaine, le contrôle du Mare Nostrum et la connexion entre Rome et ses provinces sont assurés grâce à un important réseau portuaire qui permet de maintenir un rayonnement économique et commercial tout autour de l’Empire. Plus qu’un simple seuil entre la mer et la terre, les ports font l’objet d’une attention particulière et forment un réel paysage urbain, constitué de bâtiments utilitaires et de monuments organisés autour de l’espace portuaire de façon scénographique et programmée.

Les archéologues ont massivement recours aujourd’hui à toute une panoplie technique leur permettant d’amplifier leur capacité à observer et à analyser les vestiges du passé : les outils numériques dévolus par exemple à l’analyse et à l’interprétation des données collectées bénéficient d’apports et d’innovations technologiques enrichies in-situ et ex-situ depuis maintenant plusieurs décennies. En revanche, cette capacité à « amplifier le regard » des scientifiques se heurte encore aujourd’hui à la difficulté à positionner pleinement les outils de modélisation, de simulation et de visualisation géométrique 3D au cœur de l’étude. En effet, le processus de synthèse intervenant lors de la restitution finale de l’espace anthropique – mobilisant souvent des dispositifs techniques complexes et très spécialisés – entre en scène presque toujours en « bout de course » alors que l’harmonisation des apports scientifiques issus des disciplines afférentes au contexte de l’étude ont déjà en quelque sorte « figé » le panorama des hypothèses envisagées, notamment dans la restitution de la morphologie urbaine ou de la représentation de l’architecture vernaculaire.  

Fort de ce constat, ce studio a pour objectif d’explorer la morphologie urbaine des villes portuaires de l’époque impériale romaine et d’examiner l’impact des activités maritimes sur leurs modelages urbains en renforçant les apports d’un outil numérique dédié, un modèle 3D paramétrique, sémantisé et dynamique s’appuyant bien sûr sur les données disponibles à un instant T mais susceptible de se transformer en permanence au gré des connaissances nouvellement acquises tout au long de l’étude. 

 

S’appuyant sur l’interdisciplinarité des compétences impliquées dans le consortium, il abordera notamment les axes de recherche suivants :  

 

Représenter la ville portuaire

Avec Stéphanie Mailleur :
Chercheuse associée HiSoMa (UMR 5189), Maison de l’Orient et de la Méditerranée de Lyon – Visiting Academic, School of Humanities, University of Southampton (hors IMU) – mailleur.stephanie@gmail.com

Quels sont les éléments stéréotypiques constitutifs, aux yeux des Anciens, du paysage monumental et humain du « port idéal » ? Comment mettre en relation les images portuaires avec la documentation épigraphique et archéologique pour mieux comprendre les infrastructures portuaires ? Quelles sont les méthodes d’interprétation de ces images? Dans quelle mesure la documentation iconographique peut-elle contribuer aux restitutions numériques ? 

– Questionner l’espace portuaire et son environnement

Avec Jean-Philippe Goiran :
Chercheur (villes antiques portuaires ) à ARCHÉORIENT (UMR 5133) – jean-philippe.goiran@mom.fr

Quelles sont les profondeurs des bassins portuaires romains lorsqu’ils étaient en fonction ? Quelle a été leur durée de vie (envasement) ? Quelles sont les phases de curage majeures ? Où se positionnait le niveau marin à l’époque romaine par rapport à aujourd’hui ? Les opérations de carottages permettant l’extraction des archives sédimentaires et leurs études (publiées ou en cours) répondront à ces interrogations.

– Aménager l’espace portuaire

  • du point de vue de l’ingénieur
    Avec Arthur de Graauw :
    Chercheur associé (ports antiques) à ARCHÉORIENT (UMR 5133) – arthur.degraauw@outlook.fr

    Quelles sont les infrastructures nécessaires au chargement/déchargement des navires ? Simples plages d’échouage, ports avec brise-lames, pilae, darses, quais, appontements, équipements d’amarrage, équipements de levage.

  • d’après les sources textuelles
    Avec Pascal Arnaud :
    Professeur émérite – Université Lumière-Lyon 2 – Maison de l’Orient et de la Méditerranée (hors IMU) – arnaudp2003@yahoo.fr

    Comprendre le port comme centre de services passe par l’étude critique d’une variété de textes (littéraires, épigraphiques, mais aussi papyrus) qui permettent d’évaluer la nature des services, leur organisation et leur impact possible sur l’urbanisme. L’emporion peu étudié pour la période impériale est un espace dédié à de tels services et mérite une attention particulière.

– Reconstituer la ville portuaire

Avec Renato Saleri :
Architecte, chercheur au MAP (UMR 3495) – renato.saleri@lyon.archi.fr

Formalisation des constantes stéréotypiques et modélisation des processus ayant mené à des réponses architecturales et urbanistiques à l’écoute des contraintes spécifiques de l’espace portuaire.