Studio IMU

La reconstruction du Levant (Liban, Syrie et Irak)

L’objet de ce programme de recherche est d’étudier les modalités de la reconstruction des villes, la réorganisation du système urbain et du territoire. Plusieurs villes de la région ont été très endommagées par le conflit telles que Raqqa, Kobané et Mossoul, lors de la bataille de libération contre l’Etat Islamique. Et nous avons le cas particulier de Beyrouth, ville en perpétuelle reconstruction depuis 1990, qui a sombré de nouveau avec l’explosion d’un stock de nitrate dans le port, durant l’été 2020. Dans d’autres cas, comme à Tripoli du Liban, une partie de la ville (les quartiers de Bab Tébané et de Jebel Moshen) a connu un conflit destructeur en 2012-2013. Mais nous avons aussi différents types de situations intermédiaires qui méritent d’être prises en compte, dans des villes moins emblématiques que les précédentes : Hassakeh en Syrie, Tel Afar et Qaraqosh en Irak, sans oublier les petites villes du Sinjar où les combats contre l’Etat Islamique furent dévastateurs mais moins publicisés.

Seules deux conférences sur la reconstruction furent organisées ces dernières années au Levant : la première pour Mossoul en 2018 et la seconde pour Beyrouth en novembre 2020. Les promesses de dons pour Mossoul sont impressionnantes : plus de 6 milliards de dollars, mais elles tardent à se concrétiser. Quant à Beyrouth, seule une aide d’urgence a pu être débloquée en raison des blocages politiques au Liban. Il faut souligner que la corruption qui règne dans toutes les strates de l’administration dissuade les bailleurs internationaux, tel que l’Union Européenne, d’aller au-delà d’une simple aide d’urgence. Le Levant, meurtri par la guerre en Syrie et Daesh, aurait besoin d’un véritable plan Marshal. En attendant une hypothétique intervention de la communauté internationale, la population et les autorités ont commencé à reconstruire les villes avec leurs modestes moyens. J’ai pu constater à Raqqa, Mossoul et Kobané que la reconstruction avait lieu, mais dans l’urgence, sans réelle planification et largement au détriment du capital environnemental.