VIBIOM - La ville biomimétique : théorie, risques, applications (2014)

DESCRIPTIF SCIENTIFIQUE :

L’impact écologique de l’urbanisation rapide oblige à s'interroger sur ce que serait une ville véritablement durable. L’une des réponses les plus en vogue aujourd’hui consiste à dire qu’elle serait « biomimétique ». Face au constat qu’il existe sur terre des écosystèmes qui ne provoquent pas et ne subissent pas les mêmes problèmes écologiques que nous – pollution généralisée, épuisement des ressources naturelles, perte de la biodiversité… –, l’idée semble devenue plausible ou à explorer selon laquelle, pour résoudre ces problèmes, nos villes de demain devraient imiter ou s’inspirer du monde du vivant.

Objectifs :

  • Mener une réflexion pluridisciplinaire sur le concept et les enjeux de la « ville biomimétique », en associant une équipe en sciences humaines (IrPhil), deux équipes en sciences de l’ingénieur (CETHIL, LGCIE) et un biologiste de l'INRA.
  • Explorer les risques que soulève l’application d’une approche biomimétique ou bio-inspirée au-delà de son champ d’application traditionnelle (des objets manufacturés) à la forme principale d’habitat humain (la ville).
  • Imaginer des applications concrètes du concept de ville biomimétique, en se focalisant sur l’eau, l’énergie et le bâtiment.

Méthodologie utilisée :

  • Jusqu’ici l’idée de faire des villes biomimétiques a été souvent évoquée, mais peu développée et réfléchie. Ceci semblerait dû à la complexité de la ville, qui n’est pas simplement un objet technique, mais un lieu d’habitation, de travail, de sociabilité et de politique. Il convient donc d’adopter une méthodologie hautement pluridisciplinaire pour étudier la question dans toute sa complexité et ses conséquences.
  • Au niveau théorique, un certain nombre de questions se posent :
  • Quels sont les modèles naturels dont une ville biomimétique peut s’inspirer ? Des organismes, comme le croyaient déjà certains philosophes, ingénieurs, et urbanistes du XIXe siècle ? Des termitières, comme l’a suggéré James Lovelock ? Des forêts, comme l’ont proposé Michael Braungart et William McDonough ? Et pourrait-on également imaginer un modèle hybride, comme le jardin (Matthias Henning) ?
  • Comment comprendre le rapport entre la ville biomimétique et toute la tradition philosophique de l’art comme « imitation de la nature »? La ville biomimétique serait-elle une imitation dégradée (Platon) ou une imitation créatrice (Aristote, Ricoeur) ?
  • Que deviendront les êtres humains dans une ville biomimétique et comment éviter le danger d’une ville conçue et gérée de manière purement biopolitique (Foucault) ? Et qu’en serait-il de la poétique de l’habiter (Bachelard), de l’espace public, et des relations humaines dans une ville biomimétique?
  • Sur le plan pratique, il sera question de savoir comment le biomimétisme et la bio-inspiration peuvent aider à repenser les infrastructures, l’habitat et la gestion de la ville, sans oublier les questions de citoyenneté et de politique. Cet aspect du projet se concentrera sur l’eau, l’énergie et le bâtiment, en s’appuyant sur l’expertise de deux équipes d’ingénieurs (LGCIE, CETHIL) et de deux Chaires Industrielles (soutenues par Lyonnaise des Eaux et EDF, respectivement).

 Résultats attendus :

  • L’établissement du Labex IMU comme un pôle de recherche important sur la ville biomimétique, en lien avec des industriels, la Ville de Lyon, le Grand Lyon et d’autres centres de recherche sur le biomimétisme (Biomimicry Europa, CEEBIOS…).
  • Des colloques et des ouvrages collectifs qui rassembleront des contributions de chercheurs IMU et internationaux sur la théorie, les risques et les applications de la ville biomimétique.

 

RAPPORT INTERMÉDIAIRE

 

Actualité scientifique :

8 décembre 2015 - Journée d'études "Penser le biomimétisme et la bio-inspiration"

Poster : 

VIBIOM