POUDEV - POLITIQUE ET USAGE DE L'ÉNERGIE EN VILLE (2012)

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DESCRIPTIF SCIENTIFIQUE :

Objectifs :

La transition énergétique émerge comme une nouvelle question publique urbaine, qui fait l’objet d’une mise en débat. A côté d’acteurs classiques de la gestion de l’énergie (Etat, grands industriels du secteur), apparaissent des acteurs urbains (collectivités locales, opérateurs techniques localisés - notamment gestionnaires de logements -, associations d’habitants, etc.). Alors que la question de la transition énergétique est principalement abordée à partir d’une double entrée technologique et économique, il est fait l’hypothèse du poids de ces nouveaux acteurs sur le choix de la conception et la mise en œuvre de nouveaux outils de l’action publique (observatoires, agences locales de l’énergie, nouveaux dispositifs réglementaires contraignants ou incitatifs, nouveaux objets techniques).

Le projet vise à observer de manière détaillée les effets de l’introduction de nouvelles technologies et/ou de nouvelles énergies, en faisant l’hypothèse que leur réception doit être analysée à deux niveaux : tout d’abord, ces nouvelles technologies s’inscrivent dans des pratiques existantes, caractérisées par des habitudes et des usages structurés par les caractéristiques physiques du lieu de vie et les normes sociales des groupes en présence (morphologie des bâtiments, aménagement intérieur, usages du chauffage, sanitaires, culinaires…) ; ensuite, ces pratiques existantes sont également modelées par un ensemble de relations économiques et sociales (tarification directe et indirecte des différentes formes d’énergie, coût d’installation des appareils énergétiques, fiscalité de l’énergie). Cet écheveau complexe doit être éclairé à partir des pratiques, usages et modes de vie des habitants, observés in situ dans leurs modes et leurs budgets de consommation.

Le terrain d’examen de cet ensemble d’hypothèses est constitué par la métropole d’Istanbul, représentative d’une ville émergente marquée par une très forte croissance de la consommation énergétique et dont les politiques de renouvellement urbain sont l’occasion de mettre en œuvre une transition énergétique spectaculaire et originale à travers le développement d’un réseau de gaz naturel.
Le projet examine cette mutation à deux échelles : celle de la métropole et celle d’un nouveau quartier d’habitat collectif en périphérie, dans lequel seront analysées les stratégies de l’opérateur du logement social et les pratiques des usagers.

 

Méthodologie utilisée :

La recherche combine des approches issues de l’analyse de l’action publique (identification des acteurs, construction des politiques publiques), socio-géographiques (croisement de données socio-économiques spatialisées sur la population, le logement, les pratiques de chauffage, ainsi que sur le développement des réseaux de gaz), des approches anthropologiques pour saisir les comportements énergétiques des habitants dans leurs nouveaux lieux de vie et face aux nouvelles technologies énergétiques (le chauffage au gaz dans des logements modernes) et des approches reposant sur la mesure des consommations énergétiques (analyse des façades grâce à l’analyse du rayonnement thermique par relevé infrarouge).

 

Résultats attendus - premiers résultats :

L’analyse rétrospective des politiques publiques montre que la municipalité d’Istanbul s’est imposée comme un acteur majeur dans la transition énergétique vers le gaz naturel, en lien avec sa politique de modernisation urbaine, en poussant au développement du réseau vers les périphéries urbaines. L’analyse du renouvellement urbain, notamment les données de recensement, montre l’adoption massive par les immeubles modernes du chauffage au gaz. Les analyses cartographiques déjà menées montrent que les opérateurs du logement public, très actifs dans les périphéries, sont particulièrement concernés. Ces premières avancées confortent donc les hypothèses initiales, c’est-à-dire que les mutations d’un système socio-technique (celui de la production de chaleur au gaz naturel dans l’espace domestique résidentiel) sont directement liées aux politiques de transformation de l’habitat et de l’évolution des modes d’habiter à Istanbul depuis le début des années 2000.

 

RAPPORT FINAL