GRAVATS - Gestion du recyclage des architectures en ville : analyses territorialisées (2012)

GRAVAT

DESCRIPTIF SCIENTIFIQUE :

Objectifs :

L’objectif du travail est d’établir une étude socio-économique et territorialisée de la filière démolition dans le Grand Lyon, de l’activité dite de « déconstruction » à la production de graves de béton recyclé et au stockage de déchets inertes. Le projet doit permettre de caractériser la filière démolition locale dans sa dimension spatiale et d’en comprendre les enjeux, notamment en distinguant les enjeux propres au contexte local, des enjeux liés à l’évolution de la profession de façon générale.

 

Méthodologie utilisée :

Après une première étape de diagnostic basée sur un suivi de chantiers et des entretiens exploratoires, visant à faire un « état des lieux » de la démolition à Lyon, l’étude repose sur une enquête par questionnaires auprès de l’ensemble des entreprises de démolition et de recyclage, complétée par des entretiens semi-directifs auprès d’acteurs majeurs de la filière (maîtres d’œuvre, maîtres d’ouvrage, associations). Le suivi de chantiers est poursuivi tout au long de l’étude et doit permettre l’apport de données quantitatives et être support d’observation. Les résultats font l’objet de traitements statistiques et cartographiques (SIG). Un arrière-plan comparatif est fourni par une étude concomitante réalisée à Lille dans le cadre du programme national Recybéton.

 

Résultats attendus :

De premières observations ont pu être faites sur le recyclage des déchets inertes de démolition : le recyclage des gravats répond à une logique de proximité et ils sont considérés comme des déchets « propres » voire de qualité. On note d’ailleurs une tendance à une hiérarchisation des usages des graves concassées. Par ailleurs, les gravats sont des déchets spécifiques au cadre professionnel du BTP, des matériaux lourds, dont le recyclage passe par des techniques propres à la profession (procédé mécanique de concassage). Enfin, la qualité des gravats et leur recyclage dépend des techniques de démolition mises en œuvre. Dans le contexte lyonnais, la filière démolition est structurée en fonction de l’histoire économique et répond à une logique de relations entre acteurs. Initialement entreprises de Travaux publics, les entreprises de démolition orientent naturellement le recyclage de leurs déchets vers l’usage en technique routière ou en terrassement.

La région bénéficie d’un accès relativement facile à des matériaux naturels - de surcroît - de qualité. De fait, l’élaboration de matériaux recyclés n’est pas en soi intéressante et répond donc à un problème de gestion - dans l’espace - des déchets inertes.

Les évolutions normatives autour de la profession - déchets, amiante et pollution des sols - favorisent la spécialisation et l’emploi de techniques plus avancées. De même, le recours à la démolition pour des ouvrages de grande ampleur, dans le cadre de la rénovation urbaine, nécessite un tissu d’entreprises structuré. Face à ces évolutions, le tissu local initialement composé de PME tend à se répartir en deux groupes distincts : d’une part les moyennes entreprises intégrées à de grands groupes, développant leurs capacités et intervenant sur les chantiers majeurs, y compris hors agglomération, d’autre part les PME se consacrant aux démolitions « ordinaires » et semblant se définir selon des territoires propres à chacune.

 

RAPPORT FINAL