3M’AIR – Mesures citoyennes mobiles et modélisation : qualité de l’air et îlots de chaleur à Lyon (2018)

Résumé du projet

L’étude de la qualité de l’air et des îlots de chaleur en milieu urbain, dans le contexte du changement climatique, constitue aujourd’hui deux problématiques complémentaires qui se prêtent à la pluridisciplinarité de par la mesure et la modélisation des phénomènes. En effet, la qualité de l’air locale est modifiée par l’îlot de chaleur urbain, puisqu’il influence à la fois les caractéristiques de la couche limite de l’atmosphère et la circulation de l’air localement. Par ailleurs, l’efficacité des actions menées par les politiques publiques d’aménagement du territoire pour faire face à ces deux problématiques, est fortement liée à la connaissance fine de la température et de la qualité de l’air à des échelles locales puisque les effets des politiques climat et qualité de l’air sont parfois contradictoires. Aujourd’hui, cette connaissance locale est assurée grâce à des modèles physico-chimiques validés et qui sont souvent combinés à des mesures de stations fixes de référence (stations météorologiques et stations de qualité de l’air). Malgré l’avantage indéniable de ces stations fournissant des données précises de température et de qualité de l’air, elles sont onéreuses ce qui limite leurs nombres à des dizaines par région d’où l’espacement spatial des mesures récoltées.
Afin d’accroître la connaissance du climat local, le projet 3M’Air propose d’explorer le potentiel des mesures citoyennes participatives pour l’amélioration de la connaissance locale de la qualité de l’air et de la température. L’objectif principal de ce projet consiste donc à équiper des observateurs de capteurs peu ou moyennement onéreux et mobiles et d’assurer ensuite une remontrée efficace et en temps réel des données récoltées ainsi qu’une une bonne analyse de ces données afin de garantir un meilleur suivi de ces phénomènes au plus près des citoyens. A cette fin, un dispositif adapté de mesures  multi-capteurs sera mis au point et testé en conditions réelles dans un premier temps. Différent verrous technologiques seront adressés comme l’impact de la mobilité sur la qualité des mesures, la remontée efficace des données, etc. D’une manière synchrone, un protocole de participation citoyenne sera établi puis des campagnes de mesures citoyennes seront menées à l’aide des dispositifs préalablement mis au point. Les questions de la mobilisation et de l’implication citoyenne seront soigneusement étudiées. Enfin le troisième objectif principal de ce projet sera de concevoir de nouvelles approches efficaces et adaptées d’analyse des mesures participatives afin de générer des cartographies fines de température et de qualité de l’air. La principale difficulté résidera dans l’analyse des données continues en temps et en espace pour la caractérisation de phénomènes fortement dynamiques.
Notre projet vise donc à développer une expertise partagée d’instrumentation mobile multiéchelle et multiparamétrique, à la fois au service de programmes de recherche du labEx IMU mais aussi de projets d’aménagement de l’agglomération. Un intérêt complémentaire réside également dans le fait d’associer des observateurs bénévoles dans la mesure, de les sensibiliser aux problématiques de la  qualité de l’air et des îlots de chaleurs en milieu urbain et aux changements climatiques et de les impliquer en tant que « sentinelles du climat».